mercredi 12 octobre 2011

Michael Jackson ne peut pas avoir provoqué sa propre mort

Le médecin légiste ayant réalisé l'autopsie du corps du roi de la pop a réfuté, mardi, la thèse de la défense du docteur Murray assurant que le chanteur a pris une dose supplémentaire de l'anesthésiant en l'absence de son médecin.

Le médecin légiste ayant réalisé l'autopsie du corps de Michael Jackson a battu en brèche, mardi, lors du procès  du médecin de la star à Los Angeles, la thèse de la défense selon laquelle le roi de la pop se serait auto-administré le médicament qui a provoqué sa mort. Le témoignage du docteur Christopher Rogers, médecin légiste à l'institut  médico-légal du comté de Los Angeles, s'est accompagné de la projection par l'accusation d'une photo choc : celle du cadavre nu de la star, allongé sur la  table d'autopsie, les parties génitales barrées d'un placard noir. La mère de l'artiste, Katherine Jackson, et sa soeur Rebbie, présentes mardi matin, avaient quitté la cour avant le témoignage du docteur Rogers.

Le Dr Rogers a réaffirmé que la mort de Michael Jackson était due à "une  grave intoxication au propofol", un anesthésiant que le chanteur utilisait comme somnifère et que son médecin, le Dr Murray, a reconnu lui avoir  administré le matin de sa mort, le 25 juin 2009. Interrogé par le procureur David Walgren sur sa décision de qualifier la  mort de la pop-star d'homicide, le Dr Rogers a affirmé que "les circonstances ne peuvent appuyer l'auto-administration" du propofol, réfutant ainsi la thèse de la défense, qui assure que le chanteur a pris une dose supplémentaire de l'anesthésiant en l'absence de son médecin.

Hypothèse "moins probable"

"Le Dr Murray a dit qu'il avait quitté la chambre de Michael Jackson pendant deux minutes après lui avoir administré le propofol et qu'à son retour  il ne respirait plus", a rappelé le Dr Rogers. Pour s'auto-administrer une dose, "il aurait fallu que Michael Jackson se lève, alors qu'il était déjà sous l'influence du propofol, qu'il ait été capable de se l'administrer, que le propofol fasse son effet, et qu'il arrête  de respirer, tout cela en deux minutes", a-t-il déclaré. Cette hypothèse lui semble "moins probable" qu'une erreur dans le dosage de l'anesthésiant.

"Pour faire dormir Michael Jackson, le Dr Murray aurait dû lui donner, à intervalles réguliers, (l'équivalent de) deux ou trois cuillers à  soupe de propofol par heure", a-t-il expliqué. Or selon lui, il n'y avait dans la chambre aucun appareil de dosage exact. Le Dr Rogers a également observé que le propofol "n'est pas le médicament  approprié" pour traiter l'insomnie et que le traitement avait eu lieu au  domicile du chanteur, un lieu où l'on ne trouve pas les équipements nécessaires pour parer à un problème.

Problèmes urinaires

Dans son contre-interrogatoire, l'avocat Michael Flanagan est revenu sur  ces différents points. Il a notamment demandé au Dr Rogers si le propofol ne pouvait être prescrit  dans certains cas d'insomnie chronique. "En général, je considère que le propofol n'est pas approprié pour traiter l'insomnie", a-t-il répondu. "Mais avez-vous fait des recherches sur le type d'insomnie de Michael Jackson?", a insisté Michael Flanagan. "Non", a répondu le médecin.

Concernant le manque d'équipement médical dans la maison du chanteur pour un traitement de propofol, le Dr Rogers a reconnu s'être basé sur le témoignage  d'un spécialiste en anesthésie. "Car c'était au-delà de vos compétences?", a demandé l'avocat. "Oui", a-t-il dit. Quant à la thèse de l'auto-administration mortelle, le Dr Rogers a  réaffirmé qu'elle était "moins raisonnable" que l'erreur de dosage. "Si elle  est moins raisonnable, c'est que les deux hypothèses vous paraissent raisonnables..." a tenté Michael Flanagan.

Interrogé dans la matinée sur l'état de santé général du roi de la pop, Christopher Rogers a affirmé qu'il était "en meilleure santé que la moyenne des personnes de son âge". Il a néanmoins confirmé que la star avait la "prostate gonflée", preuve  qu'il avait "des difficultés à uriner". Dans la matinée, dans l'enregistrement de l'interrogatoire du Dr Murray par les enquêteurs de la police deux jours après la mort de la star, le praticien avait révélé que le chanteur était pratiquement aveugle. Sa vue "était très, très mauvaise. On peut dire qu'il était aveugle".

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